Sagesse Africaine Chinua achebe

Publié le 2 septembre, 2018 | par Loulou De Gueyo

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Peut importe ta croyance, c’est le travail de ton bras qui déterminera ta réussite.

J’ai étudié le roman LE MONDE S’EFFONDRE de CHINUA ACHEBE pour la première fois  en classe de seconde. A vrai dire je n’étais pas un grand fan de littérature à cette époque. Seize ans après j’ai relu cette œuvre merveilleuse qui m’a transporté dans une Afrique lointaine. J’ai remonté la temps . Ce fut une expérience merveilleuse. Comme dit dans le résumé de l’œuvre, ce roman est sans doute l’un des plus riches et des plus pondérés que nous ait donnés l’Afrique Noire.

Je suis revenu de mon voyage avec plusieurs trésors que j’essayerai de déballer au fur et à mesure dans plusieurs articles.

Mais commençons déjà  à exploiter un texte qui a attiré mon attention pendant que je lisais le troisième chapitre de ce roman.

Le personnage principal dans le roman se nome Okonkwo. Un jour, Unoka le père d’Okonkwo alla consulter l’Oracle des Collines et des Grottes pour découvrir pourquoi il avait toujours eu une récolte misérable. Il voulais connaître les causes de son infortune. Regardons de près sa conversation avec l’Oracle.

« Chaque année dit-il tristement, avant de mettre la moindre semence dans la terre, je sacrifie un coq à Ani, le propriétaire de toute terre. C’est la loi de nos pères. Je tue également un coq à l’autel d’Ifejioku, le dieu des ignames.

Je défriche la brousse et j’y mets le feu quand elle est sèche. Je sème les ignames quand la première pluie est tombée et je pose des titeurs quand les jeunes pousses apparaissent. Je désherbe…

– Ça suffit s’écria la prêtresse et son cri aigu paraissait terrible tandis que les échos le renvoyait à travers le vide ténébreux. Tu n’as offensé ni les dieux ni tes pères. Et quand un homme est en paix avec ses dieux et ses ancêtres, sa récolte sera bonne ou mauvaise selon la force de son bras.

Toi, Unoka, tu es connu dans tout le clan pour la faiblesse de ta machette et de ta houe. Alors que tes voisins partent avec leurs haches abattre des forêts vierges, tu sèmes tes ignames sur des fermes épuisées qui ne demandent aucun travail de défrichage. Ils traversent sept rivières pour aménager leurs fermes; tu restes chez toi et offres des sacrifices à un sol mal disposé.

Retourne d’où tu viens et travailles comme un homme. »

Que retenir de ce texte ?

  • Unoka avait sa religion et ses croyances.

Il respectait d’ailleurs toutes les prescriptions et cérémonies religieuses qu’il fallait faire avant de cultiver un champs. En fait Unoka confiait son travail à la bienveillance divine.

Chaque année dit-il tristement, avant de mettre la moindre semence dans la terre, je sacrifie un coq à Ani, le propriétaire de toute terre. C’est la loi de nos pères. Je tue également un coq à l’autel d’Ifejioku, le dieu des ignames.

Prier c’est bien car nous sommes des êtres spirituels. Prier tout le temps pour voir son entreprise, sa condition sociale s’améliorer c’est encore bien. Mais prier, prier et prier tout le temps sans poser des actes concrets dans le sens d’améliorer sa condition de vie en comptant sur un miracle ne marchera pas.

  •   Unoka travaillait comme les autres.

Je défriche la brousse et j’y mets le feu quand elle est sèche. Je sème les ignames quand la première pluie est tombée et je pose des titeurs quand les jeunes pousses apparaissent. Je désherbe…

En lisant ce paragraphe, nous voyons clairement qu’il travaillait aussi comme tout le monde afin d’avoir une bonne récolte. Mais Unoka n’avait jamais de bonne récolte. C’est précisement ce qui le conduit vers l’Oracle afin d’en savoir plus. Il veut savoir ce qui se passe.

  • C’est la force de ton bras qui déterminera ta réussite.

– Ça suffit s’écria la prêtresse et son cris aigu paraissait terrible tandis que les échos le renvoyait à travers le vide ténébreux. Tu n’as offensé ni les dieux ni tes pères. Et quand un homme est en paix avec ses dieux et ses ancêtres, sa récolte sera bonne ou mauvaise selon la force de son bras.

  • Unoka ne mettait pas du sérieux dans son travaille.

Toi, Unoka, tu es connu dans tout le clan pour la faiblesse de ta machette et de ta houe.

La machette et la houe symbolisent les outils de travail. Ces outils étaient-ils de mauvaise qualité en parlant de leur faiblesse ? Le texte ne le précise pas. Bien évidement la faiblesse se rapporte ici à la paresse d’Unoka.

  • Unoka n’abattait pas des forêts vierges pour ses cultures.

Alors que tes voisins partent avec leurs haches abattre des forêts vierges, tu sèmes tes ignames sur des fermes épuisées qui ne demandent aucun travail de défrichage.

Les forêts vierges sont prisées à cause de la fertilité du sol. Il faut sortir des chemins battus en entrepreneuriat. C’est à dire  innover, explorer, se risquer à une nouvelle approche, ou entrer en terrain inconnu. Souvent nous voyons des jeunes qui voulant entreprendre copient des idées toute faites sans ajouter une touche personnelle. Si une personne a réussi dans une activité, ils voudrons faire exactement la même activité. Vous n’aurez jamais la même vision pour l’activité dans quelques années.

  • Unoka ne cherchait même pas des forêts vierges.

Ils traversent sept rivières pour aménager leurs fermes; tu restes chez toi et offres des sacrifices à un sol mal disposé.

Pour avoir de nouvelles idées, pour constater un problème, un besoin dans la société dans le but d’entreprendre, il faut ouvrir grand les yeux, ouvrir grand les oreilles, activer vos capteurs sensoriels. En un mot il faut un vrai travail rigoureux. Il faut analyser de fond en comble.

  • Trêve de bavardage.

Retourne d’où tu viens et travailles comme un homme.

A la jeunesse Africaine je dirai: Travaillons, travaillons, prenons de la peine. Nous devons bannir la paresse physique aussi bien que la paresse intellectuelle. Nous devons aspirer au travail de qualité. Changeons de mentalité et débarrassons nous de tout complexe.

Debout, travaillons !

 

 

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